LE DISPOSITIF MONPSY : une bonne nouvelle mais avec des limites…

LE DISPOSITIF MONPSY : une bonne nouvelle mais avec des limites…

Ce dispositif a été initié en avril 2022 par le Ministère de la Santé, pour répondre à un besoin d’accompagnement à court terme dans le cadre de la prévention en santé mentale. En effet, il a été estimé que 10 millions de personnes en France souffrent de troubles légers à modérés qui surviennent au court de difficultés de la vie courante, et de manière ponctuelle. Avoir l’occasion de pouvoir être accompagnés permet de se protéger de l’installation de troubles futures. C’est un accompagnement de prévention !

Ce dispositif ne concerne pas les troubles cliniques installés depuis plusieurs mois, ou années, qui ont requis des soins spécifiques ou des arrêts maladie. Il ne concerne pas non plus des difficultés ancrées depuis l’enfance. Pour ces problèmes plus importants, il faut consulter un médecin psychiatre qui recommandera une psychothérapie soit en institutions publiques, soit avec un professionnel installé en libéral. Pour être remboursés en libéral, il est possible d’adhérer à une mutuelle complémentaire avec l’option Santé mentale, tout comme pour les soins paramédicaux.

Toute les informations sont indiquées sur le site suivant : MONPSY

 

Les titres des professionnels de la santé – réglementation française

Les titres des professionnels de la santé – réglementation française

Les réglementation servent à protéger les usagers de la santé (patients, clients) des professionnels auto-proclamés, qui proposent des services dans le domaine du bien-être ou de la spiritualité, mais qui l’étendent à la santé mental, sans avoir aucune compétences ni diagnostic ni en traitement de maladies ou de problèmes spécifiques.

Ces personnes tentent surtout de profiter économiquement de la souffrance, voire, de tenter un prosélytisme pour le compte de groupes sectaires. Pour contrer ce phénomène, MIVILUDE (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) a publié un guide. Le ministère de la santé a établi plusieurs lois afin de limiter la pratique des soins aux professionnels compétents, formés pour les techniques dans des centres de formations reconnus.

TITRE DE DOCTEUR EN MÉDECINE (PSYCHIATRE)

Le conseil de l’ordre des Médecins est chargé de faire appliquer les lois de contrôle de l’exercice de la Médecine sur le territoire français.

Conformément à l’article L.4111-1 du code de la santé publique, nul ne peut exercer la médecine en France s’il n’est :

  1. titulaire d’un diplôme, certificat ou autre titre mentionné à l’article L.4131-1 ;
  2. de nationalité française, de citoyenneté andorrane ou ressortissant d’un Etat membre de la communauté européenne ou partie à l’accord sur l’Espace économique européen, d’un pays lié par une convention d’établissement avec la France, du Maroc ou de la Tunisie ;
  3. inscrit au tableau de l’Ordre des médecins, cette dernière condition étant notamment subordonnée à la réalisation des deux premières.

TITRES DE PSYCHOLOGUE ET DE PSYCHOTHÉRAPEUTE

L’ARS (Agence Régionale de Santé, pour la région Ile de France, voir l’ARS-IDF) répertorie sur un registre, les professionnels de la santé mentale, compétents pour faire une évaluation diagnostique et un traitement. Il leur voit décerné un numéro ADELI. Tous les psychologues et les psychothérapeutes, dont la formation privée est reconnue par l’ARS, doivent obligatoirement s’inscrire au registre ADELI. Ces professionnels doivent faire figurer ce numéro sur leur carte de visite, ou vous la préciser sur demande.

Pour tous les psychologues, quelque soit leur spécialité, le titre est réglementé par le Décret n°90-255 du 22 mars 1990 modifié est délivré par les écoles ou universités agréées par le ministère de la santé. Le psychologue qui s’occupe de la santé mentale individuelle est dit « psychologue clinicien ». Le psychologue du travail s’intéresse aussi à la santé mentale, mais dans le cadre de la Prévention des Risques Psychosociaux au travail.

Pour les psychothérapeutes, la réglementation existe depuis la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 modifiée, dite loi Accoyer. Les psychologues cliniciens ont l’autorisation de s’inscrire aussi comme psychothérapeute à l’ARS, sous le même numéro ADELI, car leur formation intègre des méthodes pratiques et théoriques de soins. Les psychothérapeutes qui n’ont pas fait le titre de psychologue, ont toutefois acquis ces compétences par le cursus de leurs écoles qui répondent aux critères de l’ARS (contenu théorique, stage et modalités d’examen).

LES DIFFÉRENTES MÉTHODES DE PSYCHOTHÉRAPIE

Il existe plusieurs centaines de méthodes de psychothérapies reconnues par les différentes administrations de la santé mentale des pays occidentaux. Mais on peut les regrouper dans des grandes familles.

Courant pragmatique : les thérapies comportementales et cognitives, dites brèves.

Débuté dans les années 1920 lors de l’étude des comportements et du conditionnement comportemental, il a évolué vers l’étude des processus de pensées dans les années 1950 puis des processus émotionnels depuis les années 2000. L’approche des TCC intègre maintenant tous ce qui touche aux réactions du corps et suit les progrès des connaissances en neurosciences. Nous ne sommes qu’au début de l’étude du fonctionnement du cerveau grâce au fait que nous pouvons l’observer en cours de fonctionnement par des méthodes non invasives. Les TCC vont ne faire qu’évoluer. Elles sont très structurées mais la relation avec le psychothérapeute reste essentiel, et s’appelle l’alliance thérapeutique.

Courant psychanalytique :

La psychanalyse est la plus connue, et elle pose le postulat de l’inconscient, bien connue de la plupart des lycéens qui ont lu les ouvrages de Sigmund Freud lors de leurs cours de philosophie. Elle marque tellement le 20e siècle que le cliché de la psychothérapie est toujours liée à la position allongée sur le divan, en parlant par associations libres. Elle aura inspirée de nombreuses méthodes dérivées comme le psychodrame, l’analyse des dessins pour les enfants, etc… Les fondateurs de ce courant défendent l’idée que la psychanalyse permet de mieux se connaître, mais ne soigne que de surcroît. Il s’agit d’un processus lent, qui peut durer plusieurs années.

Les thérapies systémiques 

Elles se déroulent en groupe, en couple ou en individuel, en ayant comme postulat de base que chacun des individus fait parti d’un écosystème, comme métaphore de l’écosystème biologique et physiologique, appliquée aux relations humaines. Dans cet écosystème, l’individu fait parti de sphère qui ont des zone d’intersections, ou qui s’emboitent comme des poupées russes. L’individu est un élément à l’intérieure d’une de ces sphères, selon le contexte, selon son évolution dans le temps. Les sphères sont familiales, professionnels, scolaires, amicales, politiques, religieuses, etc… Les références principales sont les travaux de Gregory Bateson fondateur du Gregory Bateson Institute, de Paul Watzlawick fondateur du Mental Research Institute membres de l’école de Palo Alto.

Les psychothérapies inspirées de la philosophie

Sans entrer dans le détail, nous pouvons citer la Gestal-thérapie, la psychothérapie positive, la psychothérapie existentielle, etc…

Les méthodes psycho-corporelles

Il y a de nombreuses méthodes, qui peuvent en fait s’intégrer aux psychothérapies citées précédemment, comme la MBSR (Méditation), l’hypnose, les nombreuses méthodes de relaxation, la cohérence cardiaque, etc… Elles sont toutes pour objectifs d’aider une personne à acquérir des outils pour mieux savoir gérer son stress, de manière autonome.

Partir à l’étranger tout en gardant son psy :  la place de la télépsychothérapie.

Partir à l’étranger tout en gardant son psy : la place de la télépsychothérapie.

de Véronique DI MERCURIO pour les actes du colloque 2019 du Réseau Psy Expat

RÉSUMÉ

On estime que dans le monde, plus de 56% de la population serait en mesure de communiquer à distance.

Depuis les années 50, les services de santé de pays développés proposer des téléconsultations médicales et psychologiques pour les patients qui sont éloignés des centres de soin. 

La télépsychothérapie la plus étudiée est la TCC avec une efficacité équivalente à la psychothérapie en présence pour les troubles anxieux, de l’humeur, l’état de stress post-traumatique, les addictions, les difficultés relationnels et le soutien des patients touchés par une maladie chronique.

Nous souhaitons par un exemple de notre expérience de plus de 10 ans, vous donner des conseils pratiques afin de créer une bonne alliance thérapeutique, assurer la sécurité de la confidentialité des données et illustrer cette pratique à travers 3 vignettes cliniques de psychothérapie entièrement poursuivies à distance. 

Mots Clés 

Téléconsultation, télépsychothérapie, vidéoconsultation, vidéopsychothérapie, cyberthérapie.

Article complet dans les Actes du Colloque Réseau Psy Expat édition 2019 :  Le patient expatrié, son psy et le pays d’origine. Un lien entre ruptures et continuité.

 

ETUDE DU TRAUMATISME PSYCHIQUE DU MALADE PRIS EN CHARGE EN REANIMATION MEDICALE

ETUDE DU TRAUMATISME PSYCHIQUE DU MALADE PRIS EN CHARGE EN REANIMATION MEDICALE

Une approche ethnopsychiatrique du malade réanimé : réhabiliter l’esprit dans les pratiques de soin.

Mémoire de Master 1 de psychologie clinique, de Véronique DI MERCURIO pour l’Université Paris 8, avec félicitations du Jury et publication à la bibliothèque de l’université.

Résumé

La réanimation médicale est à la fois une spécialité de pratique médicale et la désignation d’un lieu de soins, qui s’adresse aux malades qui se trouvent en situation de défaillance de leurs fonctions vitales. D’apparition récente, dans la seconde moitié du 20e siècle, elle s’inscrit dans l’évolution économique et technologique des pays Occidentaux. Une étude de la psychologie des malades hospitalisés en réanimation médicale, au-delà des aspects cliniques, aborde aussi les aspects culturels et sociaux, ce que permet une approche ethno-psychiatrique.

Le contexte d’urgence vitale et le danger de mort imminente justifient de centrer l’étude sur les effets psychologiques induits par la situation plutôt que d’étudier le lien entre la personnalité et la maladie comme le font les approches classiques en psychologie de la santé.

Le modèle du traumatisme psychique est employé dans l’étude comme présupposé.

La problématique du vécu des malades de réanimation y est étudiée selon 3 aspects avec 3 hypothèses correspondantes :

  1. Concernant les pratiques de soins de réanimation, celles-ci sont-elles associées et impliquées dans des souffrances psychiques de type traumatique ?
  2. Concernant les théories d’interprétation, est-ce que les notions de « rite de passage » et de « conflits culturels » rendent mieux compte de la psychologie des malades de réanimation plutôt que les théories classiquement employées en psychologie clinique ?
  3. Concernant la méthode de soutien au niveau psychologique des malades, est-ce qu’une approche qui positionne le malade en situation d’expert lui procure un bénéfice psychique ?

L’étude s’appuie sur les observations et l’analyse des entretiens de 14 sujets. Tous ont été suivis lors de l’événement de défaillance vitale et 11 ont pu participer à des entretiens de recherche après leur prise en charge en réanimation médicale.

Les sujets : un groupe de recherche de 9 patients qui ont été réanimés au moyen des techniques invasives avec ventilation mécanique et intubation trachéale et un groupe contrôle de 5 patients qui ont été réanimés avec une technique non invasive dont un masque pour la part respiratoire.

Les résultats ont montré que les 3 hypothèses sont bien vérifiées.

  1. Parmi les malades réanimés par techniques invasives, 8 sujets sur 9 ont bien vécu un événement traumatique et ont montré des signes de stress aigu lors de cet événement, contre seulement 2 sujets sur 5 parmi des malades du groupe de contrôle. 
  2. La notion anthropologique de « rite de passage » explique le phénomène de transformation psychique mis en évidence dans les entretiens. Le conflit se situe entre un individu qui tente de défendre son intégrité psychique contre des techniques produisant du traumatisme psychique.
  3. La position de patient-expert favorise la restructuration psychique grâce à l’activation de la capacité narrative propre à toute identité.

L’interprétation des résultats d’un point de vue socioculturel a soulevé les réflexions suivantes :

  • L’état confusionnel peut s’expliquer d’un point de vue psychogène car les effractions corporelles sont intimement reliées aux effractions psychiques,
  • La réanimation génère une situation paradoxale qui s’appuie sur une conception dualiste et clivée des relations corps et esprit. L’élimination de l’esprit des pratiques produit une souffrance psychique.
  • La notion de rite de passage permet de décrire et comprendre le traumatisme psychique comme une transformation, avec une phase de déstructuration et une phase de restructuration.
  • Bien que ressemblant à un rite, la pratique de soin de réanimation ne s’inscrit pas dans une tradition culturelle mais dans une institution, avec laquelle les individus soignés peuvent entrer en conflit.
  • La forme d’entretien qui place le malade en position d’expert qui favorise le récit et la transmission de savoir permet d’activer une capacité d’auto guérison liée à la spécificité de l’identité narrative.

Des suggestions concernant les pratiques de soins ont été proposées :

  • La réflexion éthique commune sur la mort entre équipes de réanimation et équipes de soins palliatifs.
  • La formation des équipes soignantes à une relation d’aide dégagée de toute théorie psychologique inadaptée à la situation et centrée sur une vision du malade-expert.

Lire le mémoire complet.

Une difficulté majeure en psychologie de la santé : Comment appréhender des refus de soins  chez des malades atteints d’une maladie grave et d’un syndrome dépressif ?

Une difficulté majeure en psychologie de la santé : Comment appréhender des refus de soins chez des malades atteints d’une maladie grave et d’un syndrome dépressif ?

Une difficulté majeure en psychologie de la santé :Comment appréhender des refus de soins chez des malades atteints d’une maladie grave et d’un syndrome dépressif ? 

Mémoire de M2 de psychologie clinique de Véronique DI MERCURIO – Mention TB

Résumé

Le champ de la psychologie de la santé dans le cadre d’une équipe de psychiatrie de liaison touche aux situations psychopathologiques extrêmes qui dépassent les compétences des équipes soignantes et psychologues des services médicaux. Ce travail s’intéresse tout particulièrement à une situation où l’enjeu vital pour le patient et l’angoisse du malade et de l’équipe soignante est particulièrement importante : la co-morbidité entre une maladie somatique grave et une dépression sévère.

La réflexion s’entendra aux conduites à risque ainsi qu’aux demandes d’euthanasie et de suicide assisté de ces malades. Ces conduites auto-agressives peuvent être conçues selon différents points de vue qui influencent l’approche de la prise en charge et la décision de soins. Les deux extrêmes de ces approches, d’une part, l’attitude moraliste et d’autre part l’attitude prônant la liberté individuelle, risquent toutes deux de faire disparaître un sujet derrière une idéologie.

Afin de nous extraire de ce biais, ce travail s’appuie à la fois sur un état des recherches, un suivi psychothérapeutique de plusiuers malades, et des réflexions issues de différents champs de la psychopathologie : psychanalytique, empirique, ethno-psychiatre.

L’issue positive du suivi de selon une approche à tendance moraliste laisse conclure que le choix de la législation française favorise un principe de précaution cohérent avec le devoir d’assistance d’une personne en souffrance et en état de désespoir. Ce principe semble adapté à la fois aux représentations sociales actuelles en France et aux situations des malades soignés dans les hôpitaux généraux. Les malades ont pu retrouver un goût de vivre grâce à un accompagnement psychothérapeutique s’appuyant sur des concepts issus de l’ethno-psychiatrie. Proposer une forme de psychothérapie adaptée à la situation du patient répond bien au devoir d’assistance.

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